lundi 10 avril 2017

#LeDefiDeFred – Et si vous m’aidiez ?! ;-) [Explore Corsica 2017]

#LeDefiDeFred approche ! Dans 50 jours, ce sera le départ de mon aventure Explore Corsica, sur les routes Corse ! La préparation se poursuit jour après jour. Tant sur l’alimentation, l’entraînement (1500km depuis janvier 2017), le poids et la glycémie ! (Hba1c à 6,5%). D’ici environ 1 mois, le road book complet et détaillé des étapes sera […]

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jeudi 6 avril 2017

La chirurgie bariatrique permet un remodelage myocardique et améliore la fonction rénale des patients obèses

Auteur : 
Manuel Dolz
Date Publication : 
Mars 2017
 
Article du mois en accès libre
 
Shin SH et al. Beneficial Effects of Bariatric Surgery on Cardiac Structure and Function in Obesity. Obes Surg. 2017;27(3):620-5. doi: 10.1007/s11695-016-2330-x
Neff KJ et al. Renal Function and Remission of Hypertension After Bariatric Surgery: a 5-Year Prospective Cohort Study. Obes Surg. 2017;27(3):613-9. doi: 10.1007/s11695-016-2333-7

 

La prévalence de l’obésité connaît une croissance préoccupante [1]. Associée aux autres facteurs de risques cardiovasculaires tels que l’hypertension artérielle (HTA), le diabète de type 2 (DT2) et les dyslipidémies, l’obésité augmente la morbi-mortalité cardiovasculaire et constitue un problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale. Au niveau cardiovasculaire, l’obésité (particulièrement viscérale) est responsable d’altérations hémodynamiques [2], avec notamment une augmentation du volume sanguin total et du débit cardiaque, majorant ainsi la précharge. Elle est aussi responsable de modifications dans la structure (hypertrophie ventriculaire gauche notamment) et la fonction cardiaque. En effet, elle favorise le développement des dysfonctions ventriculaires gauches, diastolique et parfois systolique. De plus, il peut exister une dilatation auriculaire gauche, augmentant alors le risque d’arythmie cardiaque par fibrillation auriculaire (ACFA) et d'insuffisance cardiaque (6). Par ailleurs, l'obésité augmente de façon indépendante le risque de développer une insuffisance rénale chronique (IRC) [3] qui s’ajoute alors aux risques bien établis associés à l’HTA et au DT2 sur le plan cardiovasculaire.

Sur le plan thérapeutique, la chirurgie bariatrique est à présent reconnue comme étant le moyen le plus efficace pour obtenir une perte de poids durable chez les patients obèses. Plusieurs études ont démontré une réduction de la mortalité globale et des événements cardiovasculaires chez les patients qui ont eu une chirurgie bariatrique [4]. Or la chirurgie bariatrique améliore aussi la pression artérielle et le contrôle glycémique, on s'attend donc à ce qu'elle permette une correction des anomalies structurales et fonctionnelles cardiaques et une prévention efficace de l’IRC.

La revue Obesity Research a publié en mars 2017 deux articles qui évaluent respectivement l’impact de la chirurgie bariatrique à 1 an sur la structure et la fonction ventriculaire gauche et à 5 ans sur la fonction rénale.

La première publication rapporte une étude monocentrique prospective qui a inclus 37 patients (âge moyen 36±10 ans, 11 hommes et 26 femmes, IMC 39,7±5,5 kg/m²) candidats à un bypass gastrique Roux-en-Y. Etaient exclus les patients aux antécédents d’ACFA, ou d’autres arythmie significative, de fraction d'éjection du ventricule gauche (FEVG) <50% ou de valvulopathie significative. Ils ont été évalués sur des paramètres biologiques, cliniques et échographiques avant et 1 an après la chirurgie. Pour l’analyse échographique à 1 an, ils ont été appariés (pour l’âge et le sexe) à groupe contrôle de sujets non opérés qui avaient IMC (27,9±3,5 kg/m²) comparable à celui obtenu à 1 an chez les patients opérés (27,4±4,2 kg/m²).
A l’inclusion, 51% (n=19) avaient une HTA, 43% (n=16) un DT2 et 57% (n=22) une dyslipidémie. Le bypass a permis d’obtenir une perte de 11,8±4,7 kg/m² sur 15,6±5,5 mois (p<0,001) (avec un poids évoluant de 109,8±19,7 à 77,3±12,5 kg) associée à une perte significative de la graisse viscérale (mesurée au niveau de L4-L5 sur un scanner) (évoluant de 181,9±73,6 à 50,4±35,6 cm² (p<0,001). Le profil tensionnel des sujets a été significativement amélioré par la chirurgie avec une pression artérielle systolique (PAS) diminuant de 133,1±14,6 à 119,4±9,6 mmHg (p<0,001) et une pression artérielle diastolique (PAD) de 84,9±12,4 à 73,4±7,9 mmHg (p<0,001). La chirurgie a également contribué à réduire la glycémie à jeun de 128,4±65,8 à 93,6±14,9 mg/dl (p=0,003), le HOMA-IR (de 3,3±1,8 à 1,2±0,5, p<0,001, en relation avec la diminution de la graisse viscérale) et les paramètres lipidiques. En résumé, à 1 an après la chirurgie, les auteurs constatent une rémission de l’HTA chez 11/19 patients (58%), du DT2 chez 14/16 patients (88%) et des dyslipidémies chez 20/22 patients (91%).

A l’inclusion, dans cette population de jeunes obèses, les paramètres échographiques étaient globalement normaux : pas d’hypertrophie du VG (85,8±13,3 g/m²), FEVG normale (64,3±3,1%) avec tout au plus une discrète augmentation de la précharge (E/e’ 8,9±3,5). Concernant l’évolution après chirurgie bariatrique, la masse du VG a diminué, de 85,8±13,3 à 77,1±13,6 g/m² (p<0,05). Les auteurs montrent également une augmentation du rapport E/A (1,42 ± 0,52 vs 1,59 ± 0,56, p=0,04) après chirurgie témoignant d’une amélioration de la fonction diastolique, qui rappelons le n’était pas altérée à l’inclusion (avec FEVG normale). Les dimensions télésystolique et télédiastolique du VG diminuent significativement après chirurgie (de 32,5±3,5 à 30,2±3,7 mm, p<0,001 et de 51,0±3,3 à 49,1±3,4 mm, p<0,001 respectivement) sans impact sur la FEVG (avec 64,3±3,1% avant et 64,2±3,1% post-chirurgie). A noter que le Strain longitudinal du VG a significativement augmenté après la chirurgie (de 14,1±1,9 à 16,2±1,4%, p<0,05) témoignant d’une amélioration de la fonction systolique. Enfin, cette étude montre qu’en post-opératoire, la majorité des paramètres échographiques ne sont pas différents de ceux des sujets contrôles appariés. Seuls différences notables, une dimension de l’oreillette gauche plus petite (35,2±3,2 vs 38,9±4,4 mm, p<0,001) et un Strain longitudinal plus important (17,2±1,8 vs 16,2±1,4 mm, p=0,004) chez les contrôles. En analyse multivariée, la réduction de la masse du VG était liée aux changements d'IMC et du tissu adipeux viscéral. Ces 2 paramètres sont, en analyse multivariée, des facteurs indépendants d'un changement dans la masse du VG (p=0,016 pour l’IMC et p=0,03 pour le tissu adipeux).

En conclusion, cette étude confirme que la perte significative de poids après bypass gastrique induit une diminution de la PAS et de la PAD ainsi qu’une amélioration de la sensibilité à l'insuline et des paramètres lipidiques. Ces différents effets positifs s’accompagnent de changements bénéfiques dans la structure et la fonction VG et pourraient, à long terme, expliquer en partie les effets bénéfiques de la chirurgie bariatrique sur le plan cardiovasculaire.

Toutefois, dans cette étude de faible effectif, on regrettera de ne pas avoir d’information sur la proportion de sujets présentant une association de plusieurs facteurs de risque à l’inclusion (HTA, DT2, dyslipidémie) et sur l’évolution comparée des paramètres échographiques entre ceux qui avaient ou non une HTA à l’inclusion. De même, on regrettera également l’absence d’un réel groupe contrôle qui aurait permis d’évaluer l’impact d’une autre modalité de perte de poids sur les paramètres clinico-biologiques et échographiques. Des études supplémentaires, de plus longue durée, sur de plus grands effectifs apparaissent nécessaires afin d’avoir une idée plus précise de l’impact clinique (morbi-mortalité) de telles modifications.

Dans le second article, l’équipe du Pr François Pattou a étudié l'effet de deux procédures chirurgicales sur la fonction rénale : soit le bypass en Y (Bypass), soit l’anneau gastrique ajustable (Anneau). Cette étude a inclus prospectivement 190 sujets dans le groupe Bypass et 271 sujets dans le groupe Anneau. Les sujets devaient être opérés et avoir un suivi de 5 ans minimum au CHRU de Lille. Ont été inclus à la fois ceux dont la fonction rénale était normale et ceux qui avaient une insuffisance rénale chronique (stade 3 à 5) définie par un débit de filtration glomérulaire (DFG, calculé à la fois par la formule MDRD et CKD-EPI) inférieur à 60 mL/min /1,73 m². Les sujets ont été évalués à 1 et 5 ans après la chirurgie. Un sous-groupe qui avait achevé 10 années de suivi a été inclus dans l'analyse (n=15 dans le groupe Bypass et n=70 dans le groupe Anneau).

Les patients avaient 43±1 et 41±1 ans (p=0,007) et un IMC de 50±1 et 47±1 kg/m² (p<0,001) respectivement dans le groupe Bypass (72% femmes) et Anneau (80% femmes). Sur 5 ans, la perte de poids total était plus importante dans le groupe Bypass (p< 0,001). En détail, le groupe Bypass a obtenu une perte de poids de 35±2 kg correspondant à une perte de 24±1% du poids total et une perte de 46±5% de l’excès de poids. Quant au groupe Anneau, il a perdu 28±1 kg sur 5 ans, soit une perte 21±1% du poids total et de 46±2% de l’excès de poids.

Les DFG (MDRD) étaient à 94±2 ml/min/1,73m² dans le groupe Bypass et à 88±1 ml/min/1,73m² dans le groupe Anneau (p=0,009). Le DFG a augmenté pendant 5 ans dans les 2 groupes, passant à 101±1 mL/min/1,73 m² (p=0,01) dans le groupe Bypass et 93±2 mL/min/1,73m² (p=0,02) dans le groupe Anneau. Les auteurs ont remarqué que la variation du DFG après Bypass s'est produite la première année (p=0,003) et n'a pas changé entre la 1ère et la 5èmeannée. Le changement dans le groupe Anneau s'est produit plus graduellement entre la 1ère et la 5èmeannée. La cinétique de perte de poids à 1 et 5 ans dans les 2 groupes ne nous est cependant pas précisée. Concernant les 90 sujets avec insuffisance rénale à l’inclusion, cette étude montre une amélioration du DFG passant de 52±2 à 68±7 mL/min/1,73 m² (p<0,05). Seuls quatre sujets sont restés en insuffisance rénale à 5 ans : 1 patient restant stable au stade 3, mais 3 autres dont le DFG a baissé au stade 4.

D’autres paramètres important dans l’étude de la fonction rénale ont été évalués. En premier lieu, à l’inclusion, 108 sujets (57%) du groupe Bypass et 123 sujets (45 %) du groupe Anneau étaient hypertendus. La rémission de l'HTA (PAS < 140 mmHg et PAD < 90 mmHg en l'absence traitement) sur 5 ans a été plus marquée dans le groupe Bypass. A 1 an, les auteurs constatent une rémission de l’HTA pour 32% des sujets du groupe Bypass et pour 16% du groupe Anneau (p=0,008). Ils trouvent une récurrence de l’HTA chez certains patients à 5 ans, mais le bénéfice tensionnel persiste chez 23% des sujets du groupe Bypass et chez 11% des sujets du groupe Anneau (p=0,008). La rémission de l’HTA apparaît significativement associée à la perte de poids totale, à l’IMC et à la PAS à l’inclusion. Parmi ces trois variables, la perte de poids totale était le facteur le plus important pour prédire la rémission de l’HTA. Ainsi, dans le groupe Bypass, à 1 an, ceux qui avaient une rémission de l'HTA avaient une perte de 37±1% du poids total contre 27±1% (p<0,01) pour ceux sans rémission. À la cinquième année, l’impact de la perte de poids sur la rémission de l’HTA persistait. Malheureusement, les auteurs ne donnent pas d’information quand à l’évolution du DFG entre les patients hypertendus et les normotendus. De même, il aurait été intéressant de connaître l’évolution du poids et du DFG chez les rares patients qui n’avaient pas d’HTA à l’inclusion et qui en ont développé durant le suivi : 20 sujets (14%) dans le groupe Anneau et 15 sujets (19%) dans le groupe Bypass.
De la même manière, on regrettera que l’impact de la normalisation glycémique sur la néphroprotection ne soit pas précisé : quelle a été l’évolution du DFG chez les diabétiques et les non diabétiques à l’inclusion ? Quelle a été l’évolution du DFG chez ceux qui ont eu une rémission de leur diabète ou non au cours du suivi ? En effet, 49 sujets (59%) du groupe Bypass ont eu une rémission de leur diabète (critères ADA : glycémie à jeun < 100 mg/dL et HbA1c < 6% sans traitement antidiabétique) contre 27 sujets (36%) du  groupe Anneau au cours de la première année (p= 0,006). A 5 ans, seuls 38 patients (46%) du groupe Bypass et 29 (34%) du groupe Anneau restaient normoglycémiques (p=0,33).

Mais dans son ensemble, cette étude fournit des données intéressantes à 5 ans sur la fonction rénale après une chirurgie bariatrique. Elle montre que chez les patients ayant une fonction rénale normale à l’inclusion, le DFG s’améliore pendant au moins 5 ans après un bypass en Y ou la pose d’un anneau gastrique ajustable. Fait important, dans le sous-groupe suivi durant 10 ans, cette tendance se maintient. Surtout dans le sous-groupe de patients présentant une insuffisance rénale établie à l’inclusion, ce travail retrouve une amélioration du DFG. Enfin dernière critique, il aurait été là encore intéressant de disposer d’un groupe contrôle d’obèses non opérés, traités médicalement pour comparer l’évolution de leur DFG à celle des groupes chirurgicaux. Toutefois, à l’inverse de ce qui est observé dans ce travail, les études de cohortes d’obèses ont clairement démontré une perte constante de DFG au cours du temps [3].

Pour conclure, ces 2 articles s’accordent sur plusieurs points, car ils montent que la chirurgie bariatrique (notamment le bypass gastrique) améliore des paramètres importants qui sont connus pour impacter négativement le devenir cardio-vasculaire de nos patients obèses : rigidité myocardique, hypertension, excès de graisse viscérale, hyperglycémie, dyslipidémie, altération de la fonction rénale. Ces résultats vont dans le sens d’un bénéfice sur le plan cardio-vasculaire de la chirurgie comme démontré de l’étude Swedish Obese Subjects (SOS) Study qui retrouvait une diminution de 53% de la mortalité cardio-vasculaire et de 23% des événements cardio-vasculaires (infarctus du myocarde ou accidents vasculaires cérébraux) [4] donnant toute sa légitimité à cette option thérapeutique dans l’obésité.

 

Références

[1] NCD Risk Factor Collaboration (NCD-RisC). Trends in adult body-mass index in 200 countries from 1975 to 2014: a pooled analysis of 1698 population-based measurement studies with 19·2 million participants. Lancet. 2016 Apr;387(10026):1377-96.
 
[2] Harmancey R, et al. Adaptation and maladaptation of the heart in obesity. Hypertension. 2008;52(2):181-7.
 
[3] Hsu CY, et al. Body mass index and risk for end-stage renal disease. Ann Intern Med. 2006;144(1):21-8.
 
[4] Sjöström L, et al. Bariatric surgery and long-term cardiovascular events. JAMA. 2012 Jan 4;307(1):56-65.
 


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samedi 4 mars 2017

#LeDefiDeFred [Explore Corsica 2017]

. Je vous l’ai annoncé en début d’année 2017, (Un diabétique sur les routes de Corse), #LeDefiDeFred approche ! Il est temps de vous expliquer son but, son déroulement et comment vous pourrez me soutenir ! J’en aurais besoin !  Pour faire connaître ce defi, votre aide me sera indispensable et précieuse ! Un partage de […]

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mercredi 1 mars 2017

Encore des résultats encourageants en faveur de la chirurgie métabolique dans la prise en charge du diabète de type 2

Auteur : 
Kamel Mohammedi
Date Publication : 
Février 2017
 
Article du mois en accès libre
 
Schauer, M.D. et al. Bariatric Surgery versus Intensive Medical Therapy for Diabetes — 5-Year Outcomes. N Engl J Med 2017; 376:641-651. doi: 10.1056/NEJMoa1600869

 

Le diabète de type 2 (DT2) est un problème majeur de santé publique, avec une prévalence en constante augmentation à travers le monde [1]. Malgré les progrès thérapeutiques accomplis ces dernières décennies dans le traitement du DT2, il est toujours difficile d’atteindre un objectif glycémique satisfaisant permettant de prévenir les complications dégénératives à long terme. Le DT2 est souvent associé à une surcharge pondérale ou à une obésité compliquant encore la prise en charge thérapeutique des patients. En dehors des règles hygiéno-diététiques, la chirurgie bariatrique est un des rares traitements efficaces chez les patients obèses permettant d’avoir une baisse significative du poids et de prévenir ainsi les complications de l’obésité. Des études observationnelles antérieures ont montré que la chirurgie bariatrique améliorait le contrôle glycémique [2,3]. Quelques essais cliniques randomisés et contrôlés avec une courte durée du suivi ont montré des résultats similaires [4,5]. L’étude STAMPEDE (Surgical Treatment and Medications Potentially Eradicate Diabetes Efficiently) a rapporté que la chirurgie bariatrique, gastrectomie longitudinale (sleeve) ou court-circuit gastrique (by-pass gastrique), était supérieure au traitement médical intensif en termes de contrôle strict du diabète et d’amélioration de la qualité de vie, au bout de 1 et 3 ans de suivi [6]. Dans le présent travail, les auteurs rapportent les résultats finaux de l’étude STAMPEDE après 5 ans de suivi.

L’étude STAMPEDE est un essai clinique contrôlé en ouvert qui a randomisé 150 patients obèses avec DT2 dans un des trois groupes suivants : (i) traitement médical intensif du diabète seul ; (ii) traitement médical intensif du diabète plus sleeve-gastrectomie ; (iii) traitement médical intensif du diabète plus by-pass gastrique. Les patients ont été stratifiés selon l’utilisation ou pas d’insuline. Ont été inclus les patients âgés de 20 à 60 ans avec une HbA1c > 7,0 % et un IMC entre 27 et 43 kg/m2. Le critère principal de jugement a été un taux d’HbA1C ≤ 6,0 % à la fin de l’étude. Les investigateurs ont également préspécifié un certain nombre de critères secondaires de jugement : le contrôle des glycémies, la perte du poids, les modifications de pression artérielle, des lipides, et de la fonction rénale, les évènements ophtalmologiques, les traitements utilisés, les effets secondaires, et le retentissement sur la qualité de vie. Le traitement médical a été ajusté tous les 3 mois pendant 2 ans, puis une fois par 6 mois jusqu’à la fin de l’étude, avec un objectif glycémique strict (HbA1c ≤ 6,0 %) tout au long de l’étude sans effets secondaires significatifs. Des supplémentations en vitamines D et B12, calcium et fer ont été prescrites aux patients bénéficiant d’une chirurgie bariatrique.

Parmi les 150 patients randomisés (mars 2007 - janvier 2011), 134 (89 %) ont terminé l’étude jusqu’à la visite de 5 ans : 66 % de femmes, âge (moyenne ± DS) 49 ± 8 ans, IMC 37 ± 3,5 kg/m2, durée du diabète 8,4 ± 5,2 ans, HbA1c 9,2 ± 1,5 %, et 44 % d’entre eux étaient traités par insuline à l’inclusion. La moyenne de la perte du poids pendant 5 ans de suivi était : 5,3 ± 10,8 kg (traitement médical), 18,6 ± 7,5 kg (sleeve-gastrectomie) et 23,2 ± 9,6 kg (by-pass gastrique).

L’objectif principal (HbA1c ≤ 6 %) a été atteint chez 5 %, 29 % et 23 % du groupe traitement médical (2/38), by-pass gastrique (14/49), et sleeve-gastrectomie (11/47), respectivement (p<0,05). La durée de diabète < 8 ans, et la randomisation dans le groupe de by-pass gastrique était les seuls facteurs prédictifs indépendants pour l’obtention d’une HbA1c ≤ 6 %. Le pourcentage de la baisse du poids pendant la première année était significativement associé à l’obtention d’une HbA1c ≤ 6 % à 5 ans. Les deux procédures chirurgicales étaient supérieures au traitement médical en terme de rémission du diabète : HbA1c ≤ 6 % malgré l’arrêt du traitement hypoglycémiant (p<0,05 pour toutes les comparaisons). Des résultats similaires ont été observés quand d’autres niveaux d’HbA1c ont été utilisés (≤ 6,5 % ou ≤ 7,0 %). La baisse de la glycémie à jeun était également plus importante dans les groupes chirurgicaux. Les baisses de l’HbA1c et des glycémies étaient plus importantes, plus rapides, et maintenues dans le temps dans les deux groupes de chirurgie en comparaison au traitement médical seul. Les baisses d’HbA1c et d’IMC dans les groupes de chirurgie étaient comparables entre les patients avec un IMC < ou ≥ 35 kg/m2 à l’inclusion.

Les traitements antidiabétiques incluant l’insuline, étaient moins fréquemment utilisés dans le groupe de chirurgie, en comparaison au groupe de traitement médical. Le pourcentage de participants qui ont arrêté tout traitement antidiabétique était plus élevé dans les groupes de chirurgie par rapport au groupe de traitement médical : 89 % des participants des groupes de chirurgie n’avaient pas d’insuline avec une HbA1c moyenne à 7,0 %, tandis que seulement 61 % des patients du groupe de traitement médical ne prenait pas d’insuline à 5 ans avec une HbA1c moyenne à 8,5 %.

La chirurgie bariatrique était également associée à une baisse des triglycérides, et à une augmentation du HDL-cholestérol. En revanche, aucune différence n’a été observée en termes de LDL-cholestérol ou de pression artérielle, mais les patients bénéficiant d’une chirurgie avaient moins de recours aux traitements antihypertenseurs ou hypolipémiants. Les concentrations urinaires d’albumine/créatinine ont baissé significativement pendant le suivi dans le groupe de sleeve-gastrectomie (à 5 ans par rapport à l’inclusion), et de façon plus importante par rapport au groupe du traitement médical. Aucune baisse significative d’albuminurie (à 5 ans par rapport à l’inclusion) n’a été observée dans tous les groupes. Aucune différence de complications ophtalmologiques n’a été observée (entre les groupes, ou dans chaque groupe entre l’inclusion et la fin de l’étude). La qualité de vie était améliorée chez les patients opérés, mais pas chez ceux bénéficiant d’un traitement médical seul.

Les évènements indésirables étaient rares pendant l’étude et comparables entre les groupes de chirurgie (4 reprises chirurgicales, une conversion de sleeve en by-pass, et un accident vasculaire cérébral) et le groupe de traitement médical (un infarctus du myocarde fatal). L’anémie était plus fréquente dans les groupes de chirurgie, et une prise pondérale excessive a été rapportée chez 19 % des patients du groupe médical.

Cette étude randomisée et contrôlée confirme le bénéfice à 5 ans de la chirurgie bariatrique dans le contrôle métabolique du DT2. En plus de la réduction pondérale importante, la chirurgie bariatrique a permis d’atteindre un objectif glycémique strict (HbA1c ≤ 6,0 %), même après arrêt de tout traitement antidiabétique médical chez plusieurs patients. La chirurgie a également amélioré la qualité de vie. En comparaison au traitement médical, la chirurgie bariatrique a permis une baisse importante de l’HbA1c pendant 5 ans (-2,1 % vs -0,3 %). De façon intéressante, cette étude a montré que les patients avec un IMC entre 27 et 34 kg/m2 tirent les mêmes bénéfices métaboliques de la chirurgie bariatrique que les obèses morbides. Une courte durée de diabète (< 8 ans) était le principal facteur prédictif pour obtenir un objectif glycémique strict. Ces résultats corroborent les données d’autres études suggérant l’intérêt d’une chirurgie bariatrique précoce pour avoir les meilleurs résultats métaboliques [2 - 4]. La présente étude montre une forte baisse du rapport albumine/créatinine urinaire dans le groupe de sleeve-gastrectomie, comparé au traitement médical seul. En revanche, les raisons pour lesquelles la baisse n’a pas été observée chez les patients opérés de by-pass ne sont pas claires.  Cependant, il est important de noter l’absence d’aggravation des complications ophtalmologiques après un équilibre rapide du diabète dans les groupes de chirurgie.

Les auteurs ont observé une forte perte pondérale et une faible utilisation des antidiabétiques chez les patients bénéficiant d’un by-pass comparés à ceux opérés d’une sleeve-gastrectomie, mais cette étude n’a pas été conçue pour comparer ces deux techniques chirurgicales. De fait, la principale limite de cette étude est le manque de puissance statistique nécessaire pour détecter une différence significative entre les deux techniques de chirurgie bariatrique. Cette étude n’a pas non plus suffisamment de puissance pour détecter une différence significative en termes d’évènements majeurs, particulièrement cardiovasculaires et rénaux.

Au total, la chirurgie bariatrique, par sleeve-gastrectomie ou by-pass gastrique, en comparaison au traitement antidiabétique médical, permet un meilleur contrôle glycémique pendant 5 ans chez des patients DT2 obèses ou en surcharge pondérale. D’autres essais cliniques sont nécessaires pour étudier le bénéfice de la chirurgie bariatrique pour prévenir les évènements ophtalmologiques, rénaux et cardiovasculaires.

 

Références

[1] NCD Risk Factor Collaboration (NCD-RisC). Lancet. 2016 Apr 9;387(10027):1513-30.
 
[2] Sjöström L, et al. Association of bariatric surgery with long-term remission of type 2 diabetes and with microvascular and macrovascular complications. JAMA 2014;311:2297-2304.
 
[3] Brethauer SA, et al. Can diabetes be surgically cured? Long-term metabolic effects of bariatric surgery in obese patients with type 2 diabetes mellitus. Ann Surg 2013;258:628-637.
 
[4] Dixon JB, et al. Adjustable gastric banding and conventional therapy for type 2 diabetes: a randomized controlled trial. JAMA 2008;299:316-323.
 
[5] Halperin F, et al. Roux-en-Y gastric bypass surgery or lifestyle with intensive medical management in patients with type 2 diabetes: feasibility and 1-year results of a randomized clinical trial. JAMA Surg 2014;149:716-726.
 
[6] Schauer PR, et al. Bariatric surgery versus intensive medical therapy in obese patients with diabetes. N Engl J Med 2012;366:1567-1576.
 


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jeudi 9 février 2017

Quel est le bénéfice du traitement par double antiagrégant plaquettaire chez les patients diabétiques bénéficiant d’un pontage coronarien ?

Auteur : 
Kamel Mohammedi
Date Publication : 
Janvier 2017
 
Article du mois en accès libre
 
Van Diepen S et al. Dual Antiplatelet Therapy Versus Aspirin Monotherapy in Diabetics With Multivessel Disease Undergoing CABG : FREEDOM Insights. J Am Coll Cardiol. 2017 Jan 17;69(2):119-127. doi: 10.1016/j.jacc.2016.10.043

 

Le pontage coronarien (PC) est associé à une réduction de la morbi-mortalité cardiovasculaire chez les patients atteints de maladie cardiovasculaire ischémique avec atteinte de plusieurs artères coronaires dans la population diabétique et non diabétique [1-3]. Le traitement par aspirine réduit la mortalité et améliore la perméabilité du PC [4 - 5]. Le traitement par double anti-agrégation plaquettaire (DAPT), associant aspirine et thiénopyridine, semble avoir un intérêt en terme de prévention cardiovasculaire secondaire devant l’hypercoagulabilité systémique et le risque de thrombose du PC. De plus, le risque de rupture, d’ulcération ou d’érosion de la plaque d’athérosclérose des artères coronaires natives persiste même après le pontage [6]. Le diabète sucré est considéré comme un facteur de risque d’échec de PC, avec une augmentation de la mortalité peropératoire et à long terme [7]. Dans le présent travail, Van Diepen et al. ont comparé aspirine seule vs. DAPT en termes de mortalité, d’évènements cardiovasculaires majeurs, et d’accidents hémorragiques chez des patients diabétiques avec coronaropathie multi-artérielle bénéficiant d’un PC lors de l’étude FREEDOM (Future REvascularization Evaluation in patients with Diabetes mellitus: Optimal management of Multivessel disease) [1].

FREEDOM est une étude randomisée, multicentrique, internationale dont l’objectif principal a été de comparer la revascularisation percutanée avec pose de stents bioactifs au PC chez des patients diabétiques âgés de plus de 18 ans et atteints de sténose (≥ 70 %) d’au moins 2 artères épicardiques majeures. Cette étude a montré une réduction du risque de mortalité et d’infarctus du myocarde (IDM) chez les patients bénéficiant d’une chirurgie par PC, en comparaison à ceux ayant eu un traitement endovasculaire [1]. En revanche, l’incidence des accidents vasculaires cérébraux (AVC) était plus élevée dans le groupe PC. Dans le présent travail, les auteurs ont analysé tous les participants de l’étude FREEDOM ayant bénéficié d’un PC et traités par aspirine ou DAPT (aspirine plus clopidogrel ou ticlopidine) pendant au moins 30 jours après la chirurgie. Les patients traités par coumadine ont été exclus de ces analyses. Le critère de jugement primaire était un composite d’évènements macrovasculaires majeurs (mort de toute cause, IDM non fatal, AVC non fatal) à 5 ans. Les critères de jugement secondaires étaient les suivants : mortalité totale, IDM non fatal et hospitalisation pour maladie cardiovasculaire (angine instable, IDM, insuffisance cardiaque, douleurs thoraciques, arythmie cardiaque, AVC, AIT, ou maladie artérielle périphérique).

Parmi les 947 participants randomisés initialement dans le groupe PC, 795 patients ont été inclus dans cette étude : 251 (âge moyen 64 ans et 70 % d’hommes) étaient traités par aspirine seule, et 544 (âge moyen 61 ans et 72 % d’hommes) recevaient une DAPT. Le critère de jugement principal était comparable entre le groupe aspirine vs. DAPT : 16,0  vs. 12,5 % (hazard ratio multi-ajusté : 0,83; IC 95% [0,54 – 1,27], p=0,39). L’incidence de mortalité totale (0,62 [0,34 – 1,13], p=0,12), du décès de cause cardiovasculaire (1,17 [0,50 – 2,72], p=0,72), d’IDM (1,42 [0,63 – 3,21], p=0,40), d’AVC (0,85 [0,36 – 1,99], p=0,71), et d’hospitalisation pour maladie cardiovasculaire (1,10 [0,75 – 1,61], p=0,62) étaient également comparables entre les 2 groupes. Le traitement par DAPT n’était pas associé à un risque élevé d’accidents hémorragiques. Ainsi, les hémorragies majeures (5,7 vs. 5,6 % ; HR 1,00 [0,50 – 1,19], p=0,99), les transfusions sanguines (4,5 vs. 4,8% ; HR 1,09 [0,51 – 2,34], p=0,82), et les hospitalisations pour accidents hémorragiques (3,3 vs. 2,6 ; HR 0,85 [0,34 – 2,17], p=0,74) étaient similaires entre les patients traités par aspirine seule ou par DAPT. Des résultats similaires ont été observés dans les analyses de différents sous-groupes.

Ces analyses secondaires du groupe PC de l’étude FREEDOM ne montrent pas de bénéfice du traitement DAPT en comparaison à l’aspirine seule en terme de réduction de la morbi-mortalité cardiovasculaire. Le traitement DAPT n’était pas associé non plus à un risque plus élevé d’incidents hémorragiques. Il est intéressant de noter que 2/3 des participants de cette étude avaient un traitement DAPT pendant une durée médiane d’une année après le PC. Cette proportion est largement supérieure à celle qui a été rapportée dans d’autres études rétrospectives et observationnelles [8,9]. Certaines sociétés savantes recommandent la DAPT dans la population générale nécessitant une chirurgie par PC pour un syndrome coronarien aigu, mais ces recommandations sont basées sur des résultats d’études prospectives et des analyses de sous-groupes [10, 11]. Une étude récente a montré que les bénéfices du traitement par DAPT (vs. aspirine seule) après une angioplastie coronaire percutanée étaient plus faibles chez des patients diabétiques comparés aux sujets non-diabétiques [12]. En plus de cette efficacité contestée, le traitement par DAPT était également associé, dans d’autres études, à un risque élevé d’accidents hémorragiques [10, 11]. Les auteurs de la présente étude ont observé que le faible nombre d’évènements hémorragiques ne permettait pas d’avoir une puissance statistique suffisante pour détecter une différence significative entre les 2 groupes.

En résumé, les résultats de cette étude n’encouragent pas la prescription d’un traitement par deux antiagrégants plaquettaires chez les patients diabétiques avec atteinte de plusieurs coronaires bénéficiant d’un PC. Des études randomisées et contrôlées ayant comme objectif principal la comparaison de ces 2 attitudes de traitements antiagrégants plaquettaires sont indispensables pour valider ces analyses secondaires de l’étude FREEDOM.

 

Références

[1] Farkouh ME, et al. Strategies for multivessel revascularization in patients with diabetes. N Engl J Med 2012;367:2375–84.
 
[2] Mohr FW, et al. Coronary artery bypass graft surgery versus percutaneous coronary intervention in patients with three-vessel disease and left main coronary disease: 5-year follow-up of the randomised, clinical SYNTAX trial. Lancet 2013;381:629–38.
 
[3] Verma S, et al. Comparison of coronary artery bypass surgery and percutaneous coronary intervention in patients with diabetes: a meta analysis of randomised controlled trials. Lancet Diabetes Endocrinol 2013;1:317–28.
 
[4] Collaborative overview of randomised trials of antiplatelet therapy-II: Maintenance of vascular graft or arterial patency by antiplatelet therapy. Antiplatelet Trialists’ Collaboration. BMJ 1994;308:159–68.
 
[5] Mangano DT. Aspirin and mortality from coronary bypass surgery. N Engl J Med 2002;347:1309–17.
 
[6] Motwani JG, et al. Aortocoronary saphenous vein graft disease: pathogenesis, predisposition, and prevention. Circulation 1998;97:916–31.
 
[7] Morris JJ, et al. Influence of diabetes and mammary artery grafting on survival after coronary bypass. Circulation 1991;84 Suppl:III275–84.
 
[8] Kim DH, et al. Aspirin and clopidogrel use in the early postoperative period following on-pump and off-pump coronary artery bypass grafting. J Thorac Cardiovasc Surg 2009;138:1377–84.
 
[9] Sørensen R, et al. Efficacy of post-operative clopidogrel treatment in patients revascularized with coronary artery bypass grafting after myocardial infarction. J Am Coll Cardiol 2011;57:1202–9.
 
[10] Kulik A, et al. Secondary prevention after coronary artery bypass graft surgery: a scientific statement from the American Heart Association. Circulation 2015;131:927–64.
 
[11] Levine GN, et al. 2016 ACC/AHA guideline focused update on duration of dual antiplatelet therapy in patients with coronary artery disease: a report of the American College of Cardiology/American Heart Association Task Force on Clinical Practice Guidelines. J Am Coll Cardiol 2016;68:1082–115.
 
[12] Meredith IT, et al. Diabetes mellitus and prevention of late myocardial infarction after coronary stenting in the Randomized Dual Antiplatelet Therapy study. Circulation 2016;133:1772–82.
 


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mardi 7 février 2017

Quel est le bénéfice du traitement par double antiagrégant plaquettaire chez les patients diabétiques bénéficiant d’un pontage coronarien ?

Auteur : 
Kamel Mohammedi
Date Publication : 
Janvier 2017
 
Article du mois en accès libre
 
Van Diepen S et al. Dual Antiplatelet Therapy Versus Aspirin Monotherapy in Diabetics With Multivessel Disease Undergoing CABG : FREEDOM Insights. J Am Coll Cardiol. 2017 Jan 17;69(2):119-127. doi: 10.1016/j.jacc.2016.10.043

 

Le pontage coronarien (PC) est associé à une réduction de la morbi-mortalité cardiovasculaire chez les patients atteints de maladie cardiovasculaire ischémique avec atteinte de plusieurs artères coronaires dans la population diabétique et non diabétique [1-3]. Le traitement par aspirine réduit la mortalité et améliore la perméabilité du PC [4 - 5]. Le traitement par double anti-agrégation plaquettaire (DAPT), associant aspirine et thiénopyridine, semble avoir un intérêt en terme de prévention cardiovasculaire secondaire devant l’hypercoagulabilité systémique et le risque de thrombose du PC. De plus, le risque de rupture, d’ulcération ou d’érosion de la plaque d’athérosclérose des artères coronaires natives persiste même après le pontage [6]. Le diabète sucré est considéré comme un facteur de risque d’échec de PC, avec une augmentation de la mortalité peropératoire et à long terme [7]. Dans le présent travail, Van Diepen et al. ont comparé aspirine seule vs. DAPT en termes de mortalité, d’évènements cardiovasculaires majeurs, et d’accidents hémorragiques chez des patients diabétiques avec coronaropathie multi-artérielle bénéficiant d’un PC lors de l’étude FREEDOM (Future REvascularization Evaluation in patients with Diabetes mellitus: Optimal management of Multivessel disease) [1].

FREEDOM est une étude randomisée, multicentrique, internationale dont l’objectif principal a été de comparer la revascularisation percutanée avec pose de stents bioactifs au PC chez des patients diabétiques âgés de plus de 18 ans et atteints de sténose (≥ 70 %) d’au moins 2 artères épicardiques majeures. Cette étude a montré une réduction du risque de mortalité et d’infarctus du myocarde (IDM) chez les patients bénéficiant d’une chirurgie par PC, en comparaison à ceux ayant eu un traitement endovasculaire [1]. En revanche, l’incidence des accidents vasculaires cérébraux (AVC) était plus élevée dans le groupe PC. Dans le présent travail, les auteurs ont analysé tous les participants de l’étude FREEDOM ayant bénéficié d’un PC et traités par aspirine ou DAPT (aspirine plus clopidogrel ou ticlopidine) pendant au moins 30 jours après la chirurgie. Les patients traités par coumadine ont été exclus de ces analyses. Le critère de jugement primaire était un composite d’évènements macrovasculaires majeurs (mort de toute cause, IDM non fatal, AVC non fatal) à 5 ans. Les critères de jugement secondaires étaient les suivants : mortalité totale, IDM non fatal et hospitalisation pour maladie cardiovasculaire (angine instable, IDM, insuffisance cardiaque, douleurs thoraciques, arythmie cardiaque, AVC, AIT, ou maladie artérielle périphérique).

Parmi les 947 participants randomisés initialement dans le groupe PC, 795 patients ont été inclus dans cette étude : 251 (âge moyen 64 ans et 70 % d’hommes) étaient traités par aspirine seule, et 544 (âge moyen 61 ans et 72 % d’hommes) recevaient une DAPT. Le critère de jugement principal était comparable entre le groupe aspirine vs. DAPT : 16,0  vs. 12,5 % (hazard ratio multi-ajusté : 0,83; IC 95% [0,54 – 1,27], p=0,39). L’incidence de mortalité totale (0,62 [0,34 – 1,13], p=0,12), du décès de cause cardiovasculaire (1,17 [0,50 – 2,72], p=0,72), d’IDM (1,42 [0,63 – 3,21], p=0,40), d’AVC (0,85 [0,36 – 1,99], p=0,71), et d’hospitalisation pour maladie cardiovasculaire (1,10 [0,75 – 1,61], p=0,62) étaient également comparables entre les 2 groupes. Le traitement par DAPT n’était pas associé à un risque élevé d’accidents hémorragiques. Ainsi, les hémorragies majeures (5,7 vs. 5,6 % ; HR 1,00 [0,50 – 1,19], p=0,99), les transfusions sanguines (4,5 vs. 4,8% ; HR 1,09 [0,51 – 2,34], p=0,82), et les hospitalisations pour accidents hémorragiques (3,3 vs. 2,6 ; HR 0,85 [0,34 – 2,17], p=0,74) étaient similaires entre les patients traités par aspirine seule ou par DAPT. Des résultats similaires ont été observés dans les analyses de différents sous-groupes.

Ces analyses secondaires du groupe PC de l’étude FREEDOM ne montrent pas de bénéfice du traitement DAPT en comparaison à l’aspirine seule en terme de réduction de la morbi-mortalité cardiovasculaire. Le traitement DAPT n’était pas associé non plus à un risque plus élevé d’incidents hémorragiques. Il est intéressant de noter que 2/3 des participants de cette étude avaient un traitement DAPT pendant une durée médiane d’une année après le PC. Cette proportion est largement supérieure à celle qui a été rapportée dans d’autres études rétrospectives et observationnelles [8,9]. Certaines sociétés savantes recommandent la DAPT dans la population générale nécessitant une chirurgie par PC pour un syndrome coronarien aigu, mais ces recommandations sont basées sur des résultats d’études prospectives et des analyses de sous-groupes [10, 11]. Une étude récente a montré que les bénéfices du traitement par DAPT (vs. aspirine seule) après une angioplastie coronaire percutanée étaient plus faibles chez des patients diabétiques comparés aux sujets non-diabétiques [12]. En plus de cette efficacité contestée, le traitement par DAPT était également associé, dans d’autres études, à un risque élevé d’accidents hémorragiques [10, 11]. Les auteurs de la présente étude ont observé que le faible nombre d’évènements hémorragiques ne permettait pas d’avoir une puissance statistique suffisante pour détecter une différence significative entre les 2 groupes.

En résumé, les résultats de cette étude n’encouragent pas la prescription d’un traitement par deux antiagrégants plaquettaires chez les patients diabétiques avec atteinte de plusieurs coronaires bénéficiant d’un PC. Des études randomisées et contrôlées ayant comme objectif principal la comparaison de ces 2 attitudes de traitements antiagrégants plaquettaires sont indispensables pour valider ces analyses secondaires de l’étude FREEDOM.

 

Références

[1] Farkouh ME, et al. Strategies for multivessel revascularization in patients with diabetes. N Engl J Med 2012;367:2375–84.
 
[2] Mohr FW, et al. Coronary artery bypass graft surgery versus percutaneous coronary intervention in patients with three-vessel disease and left main coronary disease: 5-year follow-up of the randomised, clinical SYNTAX trial. Lancet 2013;381:629–38.
 
[3] Verma S, et al. Comparison of coronary artery bypass surgery and percutaneous coronary intervention in patients with diabetes: a meta analysis of randomised controlled trials. Lancet Diabetes Endocrinol 2013;1:317–28.
 
[4] Collaborative overview of randomised trials of antiplatelet therapy-II: Maintenance of vascular graft or arterial patency by antiplatelet therapy. Antiplatelet Trialists’ Collaboration. BMJ 1994;308:159–68.
 
[5] Mangano DT. Aspirin and mortality from coronary bypass surgery. N Engl J Med 2002;347:1309–17.
 
[6] Motwani JG, et al. Aortocoronary saphenous vein graft disease: pathogenesis, predisposition, and prevention. Circulation 1998;97:916–31.
 
[7] Morris JJ, et al. Influence of diabetes and mammary artery grafting on survival after coronary bypass. Circulation 1991;84 Suppl:III275–84.
 
[8] Kim DH, et al. Aspirin and clopidogrel use in the early postoperative period following on-pump and off-pump coronary artery bypass grafting. J Thorac Cardiovasc Surg 2009;138:1377–84.
 
[9] Sørensen R, et al. Efficacy of post-operative clopidogrel treatment in patients revascularized with coronary artery bypass grafting after myocardial infarction. J Am Coll Cardiol 2011;57:1202–9.
 
[10] Kulik A, et al. Secondary prevention after coronary artery bypass graft surgery: a scientific statement from the American Heart Association. Circulation 2015;131:927–64.
 
[11] Levine GN, et al. 2016 ACC/AHA guideline focused update on duration of dual antiplatelet therapy in patients with coronary artery disease: a report of the American College of Cardiology/American Heart Association Task Force on Clinical Practice Guidelines. J Am Coll Cardiol 2016;68:1082–115.
 
[12] Meredith IT, et al. Diabetes mellitus and prevention of late myocardial infarction after coronary stenting in the Randomized Dual Antiplatelet Therapy study. Circulation 2016;133:1772–82.
 


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lundi 2 janvier 2017

L’abolition des pouls périphériques est un facteur pronostique du risque vasculaire à 5 ans chez les patients diabétiques de type 2

Auteur : 
Manuel Dolz
Date Publication : 
Décembre 2016
 
Article du mois en accès libre
 
Mohammedi K, et al ; ADVANCE Collaborative Group. Absence of peripheral pulses and risk of major vascular outcomes in patients with type 2 diabetes. Diabetes Care 2016 Dec;39(12):2270-7. doi: 10.2337/dc16-1594

 

La prévalence du diabète n’a de cesse de progresser, disséminant dans le monde entier son risque accru de morbi-mortalité prématurée, principalement en lien avec les maladies cardiovasculaires [accident vasculaire cérébral (AVC), infarctus du myocarde (IDM) et maladies artérielles périphériques (MAP)]. De nos jours, en dépit de l’amélioration de la prise en charge des facteurs de risques associés, il persiste un besoin urgent d’outils simples de détection de ce risque cardiovasculaire afin d'en améliorer la prise en charge.

L’index de pression systolique à la cheville, calculé à partir des mesures des pressions systoliques au niveau des artères pédieuses et tibiales postérieures et de la mesure de la pression systolique humérale bilatérale, est un outil simple de détection du risque de survenue d’événements et de mortalité cardiovasculaire [1].

Mais l’abolition des pouls périphériques aux membres inférieurs, lors de l’examen clinique de nos patients, ne pourrait-elle pas déjà être par elle-même annonciatrice de la survenue de futurs événements cardiovasculaires ?

C’est cette question qui a motivé le travail publié dans la revue Diabetes Care de décembre 2016. Dans cette étude, les auteurs ont recherché si l'absence d'un ou plusieurs pouls pédieux et/ou tibial postérieur était associée à la survenue d’évènements macro- et/ou micro-vasculaires majeurs et/ou à la mortalité et/ou à un déclin cognitif chez les patients avec diabète de type 2 (DT2) dans la population de l’étude ADVANCE (Action in Diabetes and Vascular Disease: Preterax and Diamicron Modified-Release Controlled Evaluation) [2].

Rappelons que dans cette étude multicentrique internationale 11140 patients avec diabète de type 2 à risque élevé de complications vasculaires ont été randomisés soit dans un bras traitement intensif à base de gliclazide visant à atteindre une HbA1c ≤ 6,5%, soit dans un bras contrôle standard de la glycémie selon les directives locales. Les patients ont également été assignés au hasard à une dose fixe d’une combinaison de périndopril (4 mg) et d'indapamide (1,25 mg) ou à un placebo. Seuls 20 patients n’ont pas eu de palpation des pouls distaux à l’inclusion et ont été exclus de l’analyse. A l’inclusion, 1491 (13%) participants avaient un ou deux pouls périphériques absents et 727 (6%) avaient trois ou quatre pouls absents.

Les deux critères primaires d’évaluation étaient les événements macro-vasculaires majeurs (décès d'origine cardiovasculaire, IDM non fatal ou AVC non fatal) et les événements micro-vasculaires majeurs (apparition ou aggravation de la néphropathie ou de la rétinopathie). Les critères secondaires comprenaient la mortalité toutes causes confondues, l'insuffisance cardiaque (décès, hospitalisation ou aggravation de la classe New York Heart Association), l’insuffisance rénale terminale (IRT) ou la mort induite par une maladie rénale, l’apparition ou l’aggravation d’une neuropathie périphérique (trouble de sensibilité au monofilament ou absence de réflexe de la cheville ou du genou), la diminution de la fonction cognitive (réduction du score de l'examen Mini-Mental State d’au moins 3 points par rapport au score de référence), une démence (satisfaisant aux critères du DSM-IV) et l'hospitalisation pour toute cause ≥ 24 h.

Dans cette étude, les patients avec au moins un des 4 pouls distaux absents (n=2218) étaient plus âgés (67,7±6,7 vs 65,3±6,2 ans, p<0,0001) et plus souvent de sexe masculin (61,6 vs 56,5%, p<0,0001) que les patients avec pouls perçus. De même, ils avaient un diabète plus ancien (8,4±6,8 vs 7,8±6,2 ans, p<0,0001), un IMC (29,5±5,5 vs 28,1±5,1kg/m², p<0,0001) et un tour de taille (102±13 vs 98±13 cm, p<0,0001) plus importants et une pression artérielle systolique plus élevée (147±21 vs 145±22mmHg, p<0,0001). On notera qu’ils présentaient une pression artérielle diastolique (80±11 vs 81±11mmHg, p<0,0001), une HbA1c (7,4±1,4 vs 7,5±1,6%, p=0,006), un débit de filtration glomérulaire (71±18 vs 75±17ml/min, p<0,0001), un taux de cholestérol total (5,0±1,1 vs 5,2±1,2mmol/l, p<0,0001) et de HDL-c (1,2±0,3 vs 1,3±0,4mmol/l, p<0,0001) plus faibles que les patients avec pouls périphériques perçus. Ils étaient également plus souvent sous antihypertenseurs (71,1 vs 68,0%, p=0,0009), hypolipémiants (44,5 vs 33,0%, p<0,0001), et antiplaquettaires (52,3 vs 45,3%, p<0,0001), avec des antécédents de maladie macro-vasculaire (36,2 vs 29,8%, p<0,0001), de MAP (9,2 vs 3,4%, p<0,0001), de neuropathie périphérique (52,8 vs 22,6%, p<0,0001) et de tabagisme (55,9 vs 38,5%, p<0,0001).

Au cours d'un suivi médian de 5 ans, des événements macro-vasculaires majeurs ont été observés chez 1145 participants (10%) et des événements micro-vasculaires majeurs chez 1130 participants (10%) ; le décès (toutes causes) est survenu chez 1027 participants (9%), un décès d’origine cardiovasculaire chez 541 participants (5%) et une insuffisance cardiaque chez 451 participants (4%).

Quel que soit l’ajustement sur les facteurs confondants (modèle 1 ajusté en fonction du sexe, de l’âge, de la région d’origine et des traitements de l’étude ; modèle 2 ajusté sur le modèle 1 plus ancienneté du diabète, IMC, tour de taille, pression artérielle systolique et diastolique avec et sans traitement antihypertenseur, HbA1c, DFG, DFG², ratio albumine/créatinine urinaire, cholestérol total et HDL-c, antécédents de tabagisme et utilisation d’hypolipémiants et d’antiplaquettaires), et comparativement aux patients avec tous les pouls périphériques présents, l'absence d'au moins un pouls périphérique était significativement associée (Hazard ratio, HR, pour modèle 2) à une incidence plus élevée :

  • d'événements macro-vasculaires majeurs (HR 1,47 [IC95%1,28-1,69], p<0,0001)
  • d’IDM non fatal (1,45 [1,13-1,87], p=0,003)
  • d’AVC non fatals (1,57 [1,23-2,00], p=0,0003)
  • de décès d’origine cardiovasculaire (1,61 [1,33-1], p<0,0001)
  • de décès toutes causes (1,48  [1,29-1,71], p<0,0001)
  • d’insuffisance cardiaque (1,49 [1,21-1,84], p=0,0002)
  • d’événements micro-vasculaires majeurs (1,17 [1,00-1,36], p=0,04)
  • de néphropathie (1,24 [1-1,54], p=0,041)
  • d’insuffisance rénale terminale (IRT) ou de décès d’origine rénale (2,04 [1,12-3,70], p=0,02)
  • de neuropathie périphérique (1,13 [1,05-1,21], p=0,0008)
  • d’hospitalisation toutes causes confondues (1,18 [1,10-1,26], p<0,0001)

L’association avec le déclin cognitif fait exception car significatif dans le modèle 1 (1,15 [1,03-1,30], p=0,02), mais pas dans le modèle 2 (1,11 [0,99-1,25], p=0,08).

Les participants avec pouls pédieux ou tibial postérieur abolis présentaient des risques comparables concernant les événements macro-vasculaires majeurs (et leurs composantes), une insuffisance cardiaque, une mortalité toutes causes, une neuropathie périphérique et une hospitalisation toutes causes confondues. Une abolition d’un pouls pédieux était également associée à un excès de risque d'événements micro-vasculaires majeurs, de néphropathie et de déclin cognitif, alors qu'un pouls tibial postérieur absent était associé à des risques accrus d’IRT ou de mort rénale et de démence.

Il est intéressant de noter que l’association entre l’absence de pouls et la survenue d’événements était comparables dans chaque bras (glycémiques ou tensionnels) de l’étude. De même, les associations persistaient chez les participants exempts d’atteintes macro-vasculaires, de MAP majeure, ou de neuropathie périphérique à l’inclusion.

Plus les patients avaient de pouls abolis, plus le risque d’événements majeurs était important.

Enfin, en analyse multi-variée, l'ajout de l’élément abolition d’un pouls aux facteurs de risque classiques améliorait modestement, mais de manière significative, la prédiction du risque d’événements macro-vasculaires (p=0,03), d’insuffisance cardiaque (p=0,03), de mortalité toutes causes confondues (p=0,04), de neuropathie périphérique (p=0,001), et hospitalisation toutes causes confondues (p<0,0001).

Même si ce travail est une étude post hoc basée sur une population d'essai clinique (qui peut ne pas être représentative de l’ensemble des patients DT2), il s’agit du premier article démontrant une association forte et indépendante entre l'absence de pouls périphériques et l’augmentation du risque à 5 ans d’événements délétères voire fatals chez les patients DT2.

Le pouls - vous savez ce battement ressenti par la pulpe de l'index et du majeur - correspond à l’arrivée de l’onde artérielle au niveau où l’artère est palpée et témoigne de la perméabilité des artères en amont. La palpation des pouls, qui doit faire partie de l'examen clinique de routine, est une procédure simple, rapide, et non invasive. Comme le souligne les auteurs, le résultat de ce geste présente une grande variabilité inter-observateurs, en fonction de la variation anatomique du pied, de l'expérience du clinicien et des conditions d'examen du patient [3]. La palpation des pouls est également affectée par la présence d’une médiacalcose, ce qui est commun chez les patients DT2. Cependant, quand l'examen des pouls se fait de façon minutieuse, sans précipitation (telles que lors des visites programmées d’un essai clinique), l'absence de pouls pédieux et/ou tibiaux postérieurs apparaît être un facteur pronostique fort et indépendant du risque d’événements macro-vasculaires majeurs, de mortalité cardiovasculaire et toutes causes, d’insuffisance cardiaque et d’événements rénaux chez les patients DT2.

Alors merci pour ce travail, et à nous de revenir à la clinique et de prêter davantage attention à ces marqueurs simples et accessibles partout, et par tous, pour mieux appréhender le risque de nos patients afin d’ajuster leur prise en charge.

 

Références

[1] Fowkes FG, Murray GD, Butcher I, et al. Ankle Brachial Index Collaboration. Ankle brachial index combined with Framingham Risk Score to predict cardiovascular events and mortality: a meta-analysis. JAMA 2008;300:197-208.
 
[2] Patel A et al; ADVANCE Collaborative Group. Effects of a fixed combination of perindopril and indapamide on macrovascular and microvascular outcomes in patients with type 2 diabetes mellitus (the ADVANCE trial): a randomised controlled trial. Lancet 2007; 370:829-40.
 
[3] Lundin M, et al. Distal pulse palpation: is it reliable? World J Surg 1999;23:252-5.
 


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